Prochain Séminaire du Champ lacanien

18 avril 2019

à 21h15, au 118, rue d'Assas - 75006 Paris

Les exils

Patricia Zarowsky : « Exil et langue »

Les dits de l’exil sont singuliers et sont à prendre au un par un. Il y a pourtant un dit qui est mis en avant par de nombreux exilés qui est l’exil de la langue maternelle. La psychanalyse nous enseigne que cet exil est pourtant de structure pour chacun. Je tenterai d’approcher la question du rapport entre psychanalyse et exil.

Sidi Askofaré : « Exil et ségrégations »

De l’exil, c’est peu de dire qu’il est devenu, aujourd’hui, ambigu et paradoxal. En effet, de la peine judiciaire à laquelle le Maître condamne, qu’il fut d’abord en tant qu’exil contraint (expulsion, bannissement, relégation, déportation, etc.), il est devenu au fil de l’histoire un acte hérétique, voire héroïque, le produit du choix d’un sujet ou d’un groupe contre la misère, l’oppression politique, les persécutions religieuses ou raciales, etc. De sorte qu’aujourd’hui le terme d’exilé subsume indifféremment émigrés, apatrides, refugiés, expulsés, etc., conduisant les politiques à faire le tri entre les « bons » exilés et ceux qui ne le seraient pas. Où s’ouvre sans doute le chapitre qui articule l’exil aux ségrégations.

Luis Izcovich : « Les affects de l’exil »

Les termes désignant les affects liés à une perte ne semblent pas rendre compte de l’expérience de déracinement. Dès lors une question se pose : existent-ils des affects propres à l’exil ? Nous proposons d’aborder la question d’une perte propre à l’exil, les affects qui s’y associent, et leur devenir dans l’expérience analytique.

Armando Cote : « L’exil nu »

L’expérience de l’exil dévoile la fragilité extrême de la condition humaine. Giorgio Agamben rappelle la différence que les Grecs faisaient entre « zoé » et « bios ». Bien que ces deux mots aient une étymologie commune, ils sont sémantiquement et morphologiquement distincts : « zoé » est commun à tous les êtres vivants, c’est la vie nue reproduite dans un contexte non organisé politiquement, tandis que « bios » est un genre ou un mode de vie commun à un groupe, c’est la vie humaine dans la cité. La bio-politique de Foucault ne tient pas compte de cette distinction. Freud en revanche a isolé un type de détresse qui est dès l’origine propre à notre espèce : « Hilflosigkeit », détresse du sujet de vivre au-dessus de ses moyens. Il existe parmi toutes les formes d’exil un qui réactive cette première expérience de séparation.

Discutantes : Sylvana Clastres et Lina Velez.